Verrière figurée (baie 2) : la Dormition et le Couronnement de la Vierge

France > Nouvelle-Aquitaine > Haute-Vienne > Limoges

Cette verrière a été offerte aux frais de la confrérie de Notre-Dame-la-Joyeuse ou des Pastoureaux. Les armoiries de ses membres, relevée au début du 18e siècle, figuraient au registre inférieur de la verrière, aujourd'hui occupé par un décor architectural moderne. Le vocabulaire décoratif des deux scènes qui subsistent , typique de la "première Renaissance", permet de situer leur création vers 1510-1520.

Oudinot, jugeant à juste titre que la date de la verrière était voisine de 1510, lui attacha le nom de Nardon Pénicaud, mentionné à partir de 1493, consul de Limoges en 1513, premier peintre émailleur limousin bien identifié et chef de sa dynastie, mort après 1541. La comparaison avec le Calvaire du musée de Cluny signé en 1503 par cet artiste ou avec d’autres œuvres moins assurées permet de rejeter cette hypothèse d’attribution, pourtant affirmée avec sa date supposée dans le cartouche ajouté au bas du vitrail.

La verrière a été réalisée sur des verres soufflés en manchon sans doute importés de Lorraine. Elle a été restaurée et complétée en 1860 par Eugène Oudinot. Une petite restauration a été effectuée en 1901. La verrière a été mise à l'abri en 1939 puis remise en plomb par Francis Chigot en 1944, qui l'a reposée en 1947. Enfin, l’œuvre a été déposée par l'Atelier du Vitrail de Limoges en 2002 pour une nouvelle restauration.

Périodes

Principale : 1er quart 16e siècle

Secondaire : 3e quart 19e siècle

Secondaire : 1er quart 20e siècle

Secondaire : 2e quart 20e siècle

Secondaire : 1er quart 21e siècle

Dates

1860, porte la date

1901, daté par source

1944, daté par source

2002, daté par source

Auteurs Auteur : Oudinot Eugène Stanislas

Élève de Georges Bontemps pour l’art du vitrail, Oudinot passe ensuite dans l’atelier de Delacroix pour apprendre la peinture. Il travailla aussi à la manufacture de Choisy-le-Roi. En 1854, il ouvre son propre atelier. Après un premier séjour aux États-Unis en 1877 d'où il rapporte la technique du verre opalescent, il part plus longuement en 1882 pour superviser l'installation d'un vitrail dessiné par Luc-Olivier Merson et destiné au manoir des Vanderbilt, appelé le Petit Château. Oudinot travailla également pour l'architecte américain Richard Morris Hunt.

, peintre-verrier, restaurateur (attribution par source)
Auteur : Chigot Francis

Francis Chigot est élève au lycée Gay-Lussac de Limoges, puis à l'École nationale supérieure des arts décoratifs. Il commence à travailler pour les Monuments Historiques en 1917, et continue avec les restaurations d'églises du nord de la France, détruites par les combats de la Première Guerre mondiale. Il meurt en 1960. À la suite de son décès en 1960, les ouvriers de son atelier fondent l'Atelier du Vitrail à Limoges, qui poursuit son œuvre. Il a réalisé de nombreux vitraux parmi lesquels les vitraux de l'opéra de Vichy, de l'église Saint-Pierre de Montluçon, de la gare de Limoges-Bénédictins, de la basilique de la Visitation à Annecy, de l'église de Conques et du prieuré de Million à Paris.

, peintre-verrier, restaurateur (attribution par source)
Auteur : L'Atelier du Vitrail

Créé en octobre 1960 sous la forme d’une Société Coopérative et Participative (SCOP), l’Atelier du Vitrail, successeur du peintre-verrier limougeaud Francis Chigot, perpétue l’aventure du vitrail limousin. L’entreprise a acquis sa notoriété au gré de différentes campagnes de restauration des Monuments Historiques et participe ainsi à la sauvegarde du patrimoine national sous l’égide du Ministère de la Culture. L’activité se diversifie de plus en plus vers la création d’œuvres originales, notamment à destination d’une clientèle privée, explorant les multiples possibilités techniques et créatives du verre, tout en respectant un savoir-faire ancestral. L’atelier du Vitrail conserve la technique traditionnelle du vitrail au plomb (coupe, peinture à la grisaille, gravure à l’acide, émaillage, jaune à l’argent, montage Tiffany), tout en développant des procédés innovants (fusing). Des artistes, salariés de l’entreprise, réalisent eux-mêmes les maquettes et les projets de création.

, atelier de, peintre-verrier, restaurateur (attribution par source)
Personnalite : Confrérie Notre-Dame-la-Joyeuse ou des Pastoureaux

Confrérie Notre-Dame-la-Joyeuse ou des Pastoureaux, attestée dès 1481.

, commanditaire (attribution par source)
Lieux d'exécution

Édifice d'origine : Atelier du Vitrail

Localisation : Haute-Vienne , Limousin , Limoges

Édifice d'origine : Atelier Oudinot

Localisation : Paris , Île-de-France , Paris , 6 rue de la Grande Chaumière

Édifice d'origine : Atelier Chigot

Localisation : Haute-Vienne , Limousin , Limoges

Cette verrière est composée d'une lancette à deux registres.

La verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, initialement haute de plus d’un mètre et qui, avec l’espace qu’occupe le soubassement ajouté en 1860, pouvait compter un troisième registre figuré en plus des 21 écus armoriés des membres de la confrérie de Notre-Dame-la-Joyeuse.

Au registre inférieur : l’agonie de la Vierge se déroule dans une chambre plafonnée de solives, pavée de carrelages décorés de léopards héraldiques alternant avec des motifs végétaux peints au jaune d’argent sur verre bleu, et éclairée de plusieurs baies ouvrant sur un ciel bleu, une fenêtre à meneaux de pierre à gauche, deux autres à tympans trilobés au fond et une porte à l’ébrasement godronné à droite. Au centre, la Vierge drapée d’un voile bleu, yeux mi-clos, est étendue sur un grand lit à courtines vert sombre au fond damassé d’or, sur un matelas recouvert d’une étoffe pourpre ornée de damas (motif dégagé par gravure sur la face externe), au galon orné de pierreries (quelques pièces mises en chef-d’œuvre). Autour du lit, les douze apôtres diversement vêtus, figurés dans des attitudes variées, composent plusieurs groupes animés ; en arrière à gauche, saint Jean tient affectueusement une main de la Vierge, et porte un cierge allumé ainsi que la palme de la seconde Annonciation. À côté de lui, saint Pierre, penché sur un livre ouvert, un pan de son étole couvrant le corps de la mourante, tient un goupillon (en partie gravé sur la pièce rouge de son manteau), son voisin porte le vase contenant l’eau bénite ; le suivant à droite élève un encensoir, tandis que les autres prient ou commentent leurs lectures, parmi lesquels ceux qui sont assis à l’avant-plan. Drapés à forts modelés, tuniques et manteaux de tons vifs, ornements vestimentaires brodés de lettres ou de motifs orfévrés (assez bien conservé, trois têtes modernes du côté droit de la composition).

Au registre supérieur, au-dessus d’une étroite frise de rinceaux peints en grisaille et jaune d’argent : le Couronnement de la Vierge par la Trinité, scène placée dans le cadre d’une salle à sol dallé similaire à celui du registre inférieur mais marqué des initiales MA, comporte un emmarchement moins ombré qui sert de socle à l’immense cathèdre teintée qui structure le tout. Au centre, la Vierge sous les traits d’une jeune fille, couronnée, les épaules couvertes d’un manteau bleu à la doublure ornée d’ocelles d’or, agenouillée frontalement, mains croisées sur la poitrine (tête moderne). De part et d’autre, une main tendue vers elle, le Père et le Fils trônant, représentés à l’identique, portant tous deux le globe et drapés de manteaux rouges bordés de pierreries (pièces montées en chef-d’œuvre), celui de Dieu le Père fermé d’une grande fibule en forme de tables de la Loi, celui du Christ laissant apparaître son torse nu (pièce restaurée, autrefois marquée des stigmates de la Passion). Entre eux, planant au-dessus de la Vierge, la colombe du Saint-Esprit environnée d’une gloire lumineuse, un halo rouge entouré de rayons d’or (verre gravé, teinté de jaune d’argent en périphérie), devant une petite abside ornée de pilastres, percée de fenêtres aux tympans quadrilobés, et couverte d’un plafond à caissons verts. De chaque côté du trône divin, à demi cachés par ses montants à ressauts ornés, quatre anges musiciens aux ailes bleues et vertes. Scène couronnée d’une grande coquille bleue (verre gravé), bordée à la partie supérieure de l’inscription GAUDENT ANGELI LAUDANTES ET BENEDICENTES DEUM enlevée sur fond rouge (ensemble assez bien conservé).

Le soubassement comporte des motifs architecturaux ornés de guirlandes colorées et de têtes de chérubins autour d’un grand cartouche central, qui porte l’inscription VITRALIS FENESTRA CONFECTA ANNO MILLESIMO QUINCENTESIMO DECIMO A N. PENICAUD - ET RESTITUTA ANNO MILLESIMO OCTINGENTESIMO SEXAGESIMO AB EUG. OUDINOT.

Catégories

vitrail

Structures
  1. lancette, 1
Matériaux
  1. Matériau principal : verre

    Mise en oeuvre : coloré

    Techniques : peint, gravé, grisaille sur verre, jaune d'argent, pièce incrustée en chef-d'oeuvre, soufflé

  2. Matériau principal : plomb

    Mise en oeuvre : réseau

Dimensions
  1. Type de mesure : h

    Valeur : 620

    Unité : cm

  2. Type de mesure : la

    Valeur : 300

    Unité : cm

Iconographie
  1. Caractère général : Funérailles de la Vierge

  2. Caractère général : Couronnement de la Vierge

  3. Caractère général : Trinité

  4. Caractère général : ornement à forme architecturale

  5. Caractère général : guirlande

  6. Caractère général : cartouche

Inscriptions et marques
  • inscription concernant l'auteur, sur l'oeuvre, peint, latin
  • inscription concernant une restauration, sur l'oeuvre, peint, latin
  • date, sur l'oeuvre, peint, latin
  • lettre, sur l'oeuvre, peint
  • inscription concernant l'iconographie, sur l'oeuvre, peint, latin

Inscription concernant l'auteur, le restaurateur et la date, au soubassement : "VITRALIS FENESTRA CONFECTA ANNO MILLESIMO QUINCENTESIMO DECIMO A N. PENICAUD - ET RESTITUTA ANNO MILLESIMO OCTINGENTESIMO SEXAGESIMO AB EUG. OUDINOT".

Inscription concernant l'iconographie, au registre supérieur : "GAUDENT ANGELI LAUDANTES ET BENEDICENTES DEUM".

Initiales au registre supérieur : "MA".

État de conservation
  • oeuvre complétée
  • oeuvre restaurée

Localisation

Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Haute-Vienne , Limoges , place Saint-Pierre

Milieu d'implantation: en ville

Cadastre: 2014 EH 01 4

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